ENUGMIS 119: QUI A REELLEMENT DECOUVERT L’AMERIQUE?

 

 

 

 

 

 

“Christophe Colomb a-t-il
réellement
découvert l’Amérique?” Nous avons trouvé cette question dans un article audacieux !

 

Lisez-le et menez votre propre enquête!

 

Question saugrenue! Qui pourrait en douter? Précisons. Que Colomb ait atteint l’Amérique, personne n’en doute, en effet. La question est: L’Amérique était elle bien inconnue avant le voyage de Colomb? Ou, pour la formuler autrement: Christophe Colomb ignorait il réellement, en partant, ce qu’il allait trouver à l’arrivée?

 

Au deuxième siècle avant J.C., dans la fameuse Géographie de Ptolémée on trouve une carte où figure déjà l’Amérique. Elle ne saute pas aux yeux car elle est reliée à l’Inde et à l’Afrique par une “terre inconnue” présumée à tort, qui transforme l’océan en mer intérieure. Mais Ibara Grasso a mis en évidence en 1970 l’homologie du contour de ce rivage mystérieux et de la côte sud américaine. Mieux: un fleuve et un village péruviens ont conservé le nom qu’ils portaient lorsqu’ Alexandre les traversa. Ainsi la Terre de Cattigara des grecs et des romains était l’Amérique du Sud.

 

 

VOIR UN AUTRE ARTICLE SUR LES CARTES ANTIQUES PLUS LOIN, JE N’AI RIEN TROUVE?

 

 

Il semble bien que les chinois l’aient fréquentée aussi, en 1850 les émigrés chinois arrivés au Pérou eurent la surprise d’y découvrir le village d’Etén dont la tribu parlait leur langue. Et plus au nord, il y avait la mystérieuse Fou-Sang. Son emplacement et la description des chinois correspondent à la Californie.
Plutarque, entre autres, parle du Grand Continent où se rendaient les Carthaginois. En suivant l’itinéraire qu’il leur prête où pensez vous que l’on arriverait? Gagné.

 

Il est fait allusion à l’Amérique, où si l’on préfère à un continent situé au même endroit qu’elle, dans l’un des textes anciens les plus lus de nos jours, le Timée de Platon. Mais personne n’y fait attention, un autre continent encore plus mystérieux lui vole la vedette. Que l’existence de l’Atlantide soit loin d’être avérée ne doit pas occulter la question de comment Platon savait qu’il y avait, au delà, un continent dont l’existence, elle, est indubitable.

 


Au moyen âge, tout cela est oublié. Pour tous, la terre est plate. Sauf pour LES VIKINGS.
En 986 Bjarni Herljufson découvre le Vinland, qui sera exploré par Leif Eriksson. Les expéditions se multiplient. Les vikings fondent des villages. Personne ne remet plus en cause aujourd’hui que le “pays du vin” de nos vikings fût l’Amérique du Nord.
Ce qui est moins connu, et moins reconnu, c’est que les vikings ont aussi débarqué en Amérique du Sud. Cela est attesté par des considérations linguistiques et toponymiques. Les conquistadores trouvèrent même une tribu d’indiens… blancs.

Ci contre: Leif Eriksson débarquant au Vinland.

ALORS LA , C’EST PLUS SERIEUX, J’AI TROUVE CETTE CARTE ANCIENNE! ET ON VOIT BIEN…… A GAUCHE DU GROENLAND………..

Vinland Map.jpg

 

 

revenons sur cet auteur!

1 Cattigara
Alexandre le Grand 325 avant J.C.
2 Etén
3 Fou-Sang?
Hoei Chin 499
4 le Vinland
Bjarni Herljufson 986
5 indices d’implantations vikings
6 Cuba, Haïti
Christophe Colomb 1492

 

 

Ce n’est pas tout. A partir du treizième siècle, les marins de Dieppe, ces normands, donc français mais descendants des vikings, font fortune en important un bois très précieux. Si l’on exclut la trop lointaine Indonésie, il n’y a qu’un endroit au monde où pousse l’arbre qui fournit ce trésor. Les dieppois en gardent farouchement le secret. Aujourd’hui, ce n’en est plus un. D’une part, ils l’ont révélé en 1503, d’autre part ce serait difficile puisque le pays, officiellement découvert en 1500, a été baptisé du nom du bois en question, le brésil.

 

Selon la légende populaire Christophe Colomb, en butte à la bêtise obscurantiste de ses contemporains qui croyaient que la Terre était plate, aurait eu raison contre tout le monde. Son expédition aurait à la fois démontré la sphéricité du monde et permis, par accident, la découverte de l’Amérique. Comme toutes les légendes populaires, celle ci est magnifique, édifiante et complètement fausse. En fait, c’est Colomb qui avait tort contre tout le monde. Les idées obscurantistes imposées par l’église au début du moyen âge étaient oubliées depuis longtemps et vous auriez fait rire un homme du quinzième siècle autant qu’un de nos contemporains en lui soutenant que la Terre était plate. On avait retrouvé les connaissances de l’antiquité et en particulier le calcul du diamètre de la Terre réalisé par Erastophène, le conservateur de la bibliothèque d’Alexandrie. Personne ne niait qu’en navigant assez longtemps vers l’ouest on finirait par arriver en Inde. D’ailleurs cela avait déjà été tenté par Diego de Teive en 1452. Plus d’une demi-douzaine d’autres s’y essayèrent après lui et avant Colomb.
La différence entre Christophe Colomb et ses détracteurs, c’est que ceux ci avaient calculé la distance exacte qu’il faudrait parcourir pour cela, tandis que Colomb, par une suite abracadabrante d’erreurs injustifiables et toutes biaisées dans le même sens, en arrivait à situer la côte indienne quatre fois et demi moins loin et, avec une précision stupéfiante, très exactement là où se trouve celle de l’Amérique. C’est une chance, car sinon il serait mort de faim et de soif avec tout son équipage, comme tout le monde le lui prédisait. Mais était-ce vraiment une chance?

 

 

Christophe Colomb a passé dix ans à soumettre son projet d’expédition à toutes les têtes couronnées de l’ancien monde. Il a essuyé les refus successifs des rois du Portugal, d’Angleterre et de France. Ils sont conseillés par des érudits qui savent calculer une distance. Le 17 avril 1492, il plaide sa cause auprès d’Isabelle de Castille qui… le rejette, elle aussi. Une heure plus tard, elle envoie des cavaliers à ses trousses. On le ramène et il apprend que son projet est accepté. Qu’est ce qui a fait changer d’avis la Reine?

 

Est-il possible qu’aucun historien n’ait lu le journal de bord de Christophe Colomb? Sinon j’aimerais savoir comment ils concilient avec la thèse officielle la très étrange page du 25 Septembre 1492 où – alors qu’il navigue depuis longtemps déjà dans des eaux qu’aucun homme, nous demande-t-on de croire, n’avait jamais atteintes – Colomb estime avoir été dévié vers le nord-est par les courants… car il ne voit pas un groupe d’îles “qui figurent pourtant sur la carte “!

 

 

Il ne faudrait pas croire que les mystères s’arrêtent en 1492. Il n’est plus étonnant qu’on parle de l’Amérique ou qu’on la trouve sur des cartes, puisque maintenant, tout le monde est d’accord, quelqu’un y est allé. Pas étonnant? On commence tout de suite à parler de nouveau monde. Dès 1507, on le représente sur une carte bien détaché de l’Inde et on le baptise Amérique. Du prénom d’Amerigo Vespucci, le second navigateur -officiellement- à y avoir abordé, à qui on en attribue bientôt la découverte. Comment savait-on que ce n’était pas l’Inde?
Cette carte est d’ailleurs trop complète et trop exacte, tout comme certains croquis retrouvés dans les papiers personnels de Colomb. Qu’on connût le tracé des côtes suivies par Colomb, d’accord. Mais d’où connaissait-on celui de l’Amérique du Sud?

 

Ce n’est pas seulement l’honneur de la découverte du nouveau monde que l’on se dispute, c’est aussi sa possession, en son nom autant qu’au nom de son souverain. A supposer qu’il ne fût pas si nouveau que cela, on se doute bien que nos explorateurs ne vont pas le faire remarquer. D’autres s’en chargent. A la mort de Colomb, le royaume intente un procès à son fils et héritier, Diego, pour lui retirer les droits sur l’Amérique au motif qu’elle avait déjà été découverte et que Christophe Colomb le savait. A l’époque, l’homme de la rue ne connait que Vespucci; c’est la biographie de Christophe Colomb, rédigée par Diego, qui engendrera sa légende. Dans ces conditions, le biographe peut-il être regardé comme impartial?

 

Avouez que les faits laissent beaucoup de place au doute…
et à l’imagination.

L’auteur de cet article a écrit un roman Le onzième manuscrit, aux Editions du Flamine, à lire pour en savoir plus mais surtout à vous de mener l’enquête!

 

 

 

POUR AVANCER, UN ARTICLE SUR LES CARTES ANCIENNES

“Dessiner les formes de la terre”

Pour les Anciens, la géographie “est la représentation par le dessin de la partie connue de la terre dans sa totalité” (Ptolémée, I, 1). Le vocabulaire du “graphique” c’est-à-dire du dessin (du verbe grec gréafein) est contamment présent. La carte devient un support imagé indispensable à la réflexion géographique et à la description. au niveau chorographique, on représente la terre de façon régionale, offrant une description “partagée en morceaux” (Ptolémée, I, 1).

L’essentiel pour un géographe de l’Antiquité est de représenter les contours des pays, le dessin des rivages et des fleuves, le site des villes et des villages, la place des forêts et des montagnes.

Comme l’a précisé Strabon dès son livre II (II, 5, 17), la rôle de la mer au niveau cartographique est essentiel pour ls Anciens : elle délimite les formes des terres : “Généralement, la mer dessine et donne une forme à la terre, réalisant les golfes, les différentes mers, les détroits et pareillement les isthmes, les presqu’îles et les caps.” Ces formes sont souvent géométriques ou métaphoriques dans les textes, dans le but d’être alors évocatrices et mémorisables. On peut considérer que des auteurs comme Strabon, Méla, ou Denys d’Alexandrie avaient une carte sous les yeux, dans la mesure où ils suivent un ordre précis dans leur texte géographique ou chorographique. Les limites doivent être claires, aussi sont-elles choisies parmi les éléments naturels : rivages, mer, fleuves, montagnes. La carte repose aussi sur un quadrillage géométrique de la terre habitée, de façon à ce que tout lecteur puisse la retracer d’après les indications du texte du géographe. C’est le but avoué par Ptolémée, qui va donner lieu à de multiples manuscrits à la Renaissance, d’après son texte.

Les progrès des cartes

Comme nous l’avons vu (terra_cognita ), Hérodote rit de ceux qui « dessinent « les contours de la terre » (IV, 36). Il raconte aussi qu’Aristagoras de Milet, fait la tournée des capitales en portant « une tablette de cuivre sur laquelle était gravés les contours de toute la terre, toute la mer et les fleuves » (V, 49). Il s’agit de pinaces, (pluriel de pinax), des tablettes, premier support cartographique.

Or les géographes de l’Antiquité sont pour le plupart tibutaires des cartes antérieures, sur lesquelles ils travaillent en bibliothèque, rectifiant ou reprenant des représentations antérieures. ainsi Strabon insiste-t-il beaucoup sur le fait qu’il cherche à déceler lacunes et erreurs et à les rectifier, et il affirme que “c’est une gloire de le faire” (I, 2, 1).

La carte d’Eratosthène était très générale, avec des contours schématiques du monde habité, quelques villes repères, les grands fleuves, les mers et rivages, les montagnes.

La carte du monde habité élaborée par Agrippa, sous Auguste, au début du Ier s., et affichée sous le Portique Vipsania au Forum, ne contenait sans doute pas non plus beaucoup de détails.

Ptolémée est un réel progrès dans la conception cartographique : il veut être précis, décrivant chaque province avec des coordonnées pour chaque lieu cité qui est “remarquable” (I, 19, 1), privilégiant les villes et les peuples.

Son but est de donner des informations suffisantes pour que l’on “mette en place” avec un “ordre précis” les éléments de son catalogue géographique. Ils reprend les points remarquables traditionnels tels que presqu’îles, golfes, caps, embouchures de fleuves, montagnes, des livres II à VII de son œuvre géographique. Avec son oeuvre, on peut réaliser une carte générale du monde connu en projection conique simple ou arrondie, et 26 cartes régionales dessinée en projection orthogonale.

La carte”en forme de chlamyde”

La représentation globale avec les cartes du monde connu qu’on a pu tracer d’après les grands auteurs de la période romaine antérieure à Ptolémée (cartes_du monde connu), montre un monde connu “en forme de chlamyde”, comme l’a décrit Strabon (II, 5, 6), c’est-à-dire une île oblongue qui n’occupe pas plus du quart du globe terrestre, dans la théorie de quatre mondes symétriques séparés par des ceintures océaniques : “Que le monde habité soit une île, c’est d’abord l’expérience sensible qui nous force à l’admettre ; de tous côtés, en quelque direction qu’il ait été possible d’atteindre les confins de la terre qui nous porte, l’on rencontre la mer que nosu nommons précisément Océan. Là où il n’est pas donné aux sens de nous le faire admettre, le raisonnement le démontre”. On constate que l’intérêt des auteurs -et donc leur étude et leur texte- s’arrête à la zone connue et habitable de l’hémisphère nord, c’est-à-dire qu’elle est centrée sur la Méditerranée. De plus, l’idée de l’Océan demeure essentielle dans leur représentation du monde habité.

le monde connu vu par Strabon

La carte d’après Ptolémée

Ptolémée ne se préoccupe pas de défendre ou d’attaquer la thèse de l’insularité du monde habité, il s’attache à la précision de son contenu. Les cartes de Marin de Tyr (dont l’oeuvre est perdue, mais citée comme référence par Ptolémée) reproduisaient les cartes existantes en rectifiant certaines localisations et en étendant la connaissance vers le sud de l’équateur. La carte du monde de Ptolémée, comprise dans la Cosmographia, s’étend de 0° à 180° à l’Est de la longitude 0°, c’est-à-dire des Iles Fortunées jusqu’à l’Est de l’Asie. En latitude la carte s’étend approxima tivement, du tropique du Capricorne jusqu’au cercle Arctique, c’est-à-dire de 63° de latitude Nord jusqu’à 16°25′ de latitude Sud. Une des caractéristiques de la carte du monde de Ptolémée est la longitude fort exagérée de la Méditerranée.

Au livre VII (VII, 5, 2) de son oeuvre, à la fin, il limite la fraction de la terre qui contient notre monde habité” :

-à l’est par une terre inconnue prolongeant le territoire des Sines et des Sères

-au sud par une terre inconnue fermant la mer de l’Inde et incluant en Libye (Afrique) le paysa d’Agisymba,

-à l’ouest, par la terre inconnue qui en Libye, borde le golfe éthiopique, puis par l’Océan occidental ;

-au nord, par le même Océan, puis par la terre inconnue qui borde l’Asie septentrionale.

Ptolémée indique donc l’existence périphérique de “terres inconnues” qui deviennent des limites naturelles car leurs caractéristiques sont des obstacles : la zone froide septentrionale et la zone torride. Il n’y a qu’à ouest, sur la moderne façade atlantique, que le monde habité n’est pas limité par des terres inconnues, mais par l’eau.

La différence cartographique avec la représentation tracée d’après ses prédécesseurs antiques est alors très nette : la plupart des mers sont fermées, sauf à l’ouest. Au sud, la limite du monde est une côte artificiellement rectiligne avec quelques sinuosités fantaisistes pour donner de la crédibilité.

Les cartes des manuscrits de la Géographie de Ptolémée (cartes_du monde connu) en sont une excellente illustration même si elles ont été dessinées à la Renaissance, dont voici deux exemples avec deux types de projection différents :

 

On voit nettement ce qu’il semble important de représenter à l’échelle du monde connu : mers, fleuves, montagnes, le tout avec des reprères géométriques (un quadrillage) et la présence très décorative des vents, à l’extérieur, représentés en amours ou en jeunes garçons joufflus.

La carte selon Ptolémée est un modèle suivi pendant très longtemps…Mercator, au XVI e siècle, va dessiner et publier des cartes de Ptolémée en 1584, en latin, selon la méthode du géographe antique, avant de proposer son propre système de projection…

Les cartes en TO

L’oikoumène va aussi être dessiné de façon très schématique et peu détaillée dans de nombreux manuscrits médiévaux qu’on appelle en TO : le O figure la fameuse ceinture océanique, la hampe du T est la Méditerranée, les barres horizontales du T sont le Tanaïs des Anciens (le Don moderne), au nord, frontière entre l’Europe et l’Asie, et le Nil, au sud, séparation entre l’Asie et l’Afrique. Depuis Orose (géographes), l’Afrique est considérée comme “plus petite et mineure en tout” (I, 2, 86) ; l’Asie est le plus grand des trois continents.

Ces représentations montrent toujours une terre haute en couleurs, sillonnée de mers, montagnes, fleuves surdimensionnés.

 

 

ARTICLE SUR LEIF ET LA DECOUVERTE DU VINLAND

 

Vinland

 


 

Carte du XVe siècle, dessinée à partir d’un original du XIIIe siècle, dont l’extrémité gauche montre le Vinland. Cette carte a par la suite été reconnue comme fausse.

Vinland est le nom donné par le marin islandais Leif Ericson au territoire qu’il découvrit autour de l’an 1000. Des fouilles ont permis de retrouver des traces de la présence des Vikings à L’Anse aux Meadows à Terre-Neuve, Canada. On continue à débattre s’il s’agit là du Vinland d’Ericson, dont les spécialistes ont situé les divers emplacements possibles sur une aire géographique allant du Labrador à la Floride… Les Vikings n’ont pas perçu, à l’origine, l’exploration et la colonisation du Groenland et du Vinland comme différent de la fondation et de la colonisation de l’Islande. Il ne s’agissait pour eux que de prolonger leur territoire. Il faudra la rencontre des autochtones amérindiens, très différents des moines d’Irlande, pour que s’impose à eux la notion de nouveau monde.

 

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Le Vinland est mentionné pour la première fois par le géographe et historien allemand Adam de Brême dans son livre Descriptio insularum Aquilonis, rédigé vers 1075. Il a rendu visite, pour l’écrire, au roi Sven II de Danemark, qui avait connaissance des terres nordiques. La source principale d’informations sur les voyages des Vikings au Vinland provient de deux sagas islandaises, la Saga d’Érik le Rouge et la Saga des Groenlandais rédigées approximativement deux siècles et demi après la colonisation du Groenland. La combinaison de ces deux sagas semble montrer qu’il y eut quelques tentatives séparées de colonisation norvégienne du Vinland, y compris par Þorfinnr Karlsefni, dont aucune n’a duré pendant plus de deux ans. Il y a probablement plusieurs causes au départ de la petite colonie viking. Les sources écrites font mention de désaccords parmi les hommes au sujet des quelques femmes faisant partie de l’expédition ainsi que de conflits avec les Skrælings (Amérindiens) vivant déjà dans la région.

L’histoire dit qu’après la colonisation du Groenland par les Vikings, un négociant du nom de Bjarni Herjólfsson, en chemin du Groenland vers l’Islande, découvrit accidentellement la côte est de l’Amérique en 985 ou 986 après avoir été détourné de son chemin par une tempête. Il raconta ensuite son histoire et vendit ses vaisseaux à Leif Ericson qui, selon les histoires, retourna vers ces régions. Comme c’était la fin de l’été, il repartit pour le Groenland qu’il réussit à atteindre avant l’hiver, mais renonça à débarquer au Vinland, ne voulant pas passer l’hiver dans cette nouvelle terre, qu’il décrivit ensuite comme couverte de forêts. L’approvisionnement en bois étant très restreint au Groenland, les colons étaient désireux d’explorer la richesse de cette nouvelle terre. Quelques années plus tard, Leif Ericson explora cette côte et établit une colonie de courte durée sur une partie de la côte qu’il appela Vinland.

La première découverte faite par Leif était, selon les histoires, le Helluland (« terre de la pierre plate »), probablement l’île de Baffin. Ensuite, le Markland (« terre du bois »), probablement le Labrador, fut découvert (il existe des preuves de réduction ou d’amoindrissement de la limite des arbres dans le nord du Labrador aux environs de l’an 1000) et pour finir, le Vinland (généralement traduit par « terre du vin (d’airelles)», mais interprété par d’autres comme « terre de pâturage »), probablement Terre-Neuve, à moins qu’il ne s’agisse du Québec, de l’Acadie ou de la Nouvelle-Angleterre. L’expédition comprenait des familles et du bétail en vue d’entamer une nouvelle colonisation. La colonie du nord reçut le nom de Straumfjörðr et celle du sud de Hóp. Seuls deux chefs de Viking hivernèrent réellement au Vinland, le deuxième étant Thorvald Ericsson, le frère de Leif, qui fut tué au cours du second été. L’idée de colonisation fut néanmoins rapidement abandonnée en raison des conflits avec les Skrælings (peut-être des Béothuks ou des Dorset). Il semble qu’il y ait été question de nouvelles expéditions de déboisement jusque dans les années 1300.

Jusqu’au XIXe siècle, l’idée d’une colonisation viking de l’Amérique du nord fut considérée par les historiens comme relevant du folklore, jusqu’à l’élaboration en 1837 d’une première hypothèse sérieuse par l’historien de la littérature et archéologue danois Carl Christian Rafn dans son ouvrage Antiquitates Americanæ où il concluait, après une étude en profondeur des sagas, ainsi que des lieux potentiels de colonisation de la côte nord-américaine, que le Vinland était un endroit réel en Amérique du nord qui avait été colonisé par des Norvégiens.

L’Anse aux Meadows

 

L'Anse-aux-Meadows

 

L’Anse-aux-Meadows

 

L’Anse-aux-Meadows (son nom français est L’Anse aux Méduses) se situe à la pointe septentrionale de l’île de Terre-Neuve, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, où les restes d’un village viking furent découverts en 1960 par l’explorateur norvégien Dr. Helge Ingstad et sa femme archéologue Anne Stine Ingstad.

Ses coordonnées géographiques sont 51° 34’ 18,6’’ N, 55° 29’ 54,4’’ W.

Il s’agit du seul site avéré viking en Amérique du Nord (à l’exception du Groenland). Les fouilles qui y eurent lieu pendant plusieurs années y exposèrent maisons, instruments et outils qui permirent d’établir la datation du site. L’établissement fondé plus de 500 ans avant Christophe Colomb abrite les plus anciennes traces de la présence européenne en Amérique du Nord. Désigné comme site du patrimoine mondial par l’Unesco, on pense qu’il pourrait s’agir de la colonie quasi légendaire de « Vinland » fondée par l’explorateur Leif Ericson aux alentours de l’an mil. Cette interprétation est sujette à débats.

Le climat à Terre-Neuve était à l’époque nettement plus chaud qu’aujourd’hui. Comme la saga nous le raconte, Leif quitta le Groenland à la recherche du pays dont Bjarni Herjólfsson lui avait parlé. Il trouva un pays couvert de vignes, de saumon et aux hivers sans gel. Il revint pour y récolter du bois qu’il pourrait rapporter au Groenland où ceux-ci étaient rares.

L’établissement de l’Anse aux Meadows se composait d’au moins 8 bâtiments, y compris une forge et un haut-fourneau et d’une scierie qui alimentait un chantier naval. La saga décrit l’effort de colonisation menée par Thorfinn Karlsefni, et quelque 135 hommes et 15 femmes, qui utilisaient le camp de Leif comme base. On a retrouvé des outils de couture et de tricotage, indices de la présence de femme, à l’Anse aux Meadows

L’endroit ne semble avoir été occupé que quelques années (2 ou 3 ans).

L’Anse aux Meadows semble être reliée à la légende algonquienne d’un Royaume de Saguenay peuplé par une race d’hommes blonds riches en fourrures et métaux, mais il ne s’agit là que d’une conjecture.

Avant la venue des Vikings, l’Anse-aux-Meadows aurait été habitée par différentes cultures parmi lesquelles celle appelée culture archaïque maritime de 3000 ans avant J.- C. jusqu’au Xe siècle après J.-C, puis par des représentants de la culture Dorset, du VIe au IXe siècle après J.-C.

 

 

 

 

The Vinland Map

— strangemaps @gmail.com

 

The Vinland Map was discovered in 1957, bound up with a manuscript of undisputed antiquity, the Historia Tartorum. The map supposedly is a 15th century copy of a 13th century world map, showing the known parts of Europe, Asia and Africa, as well as an unknown land across the Atlantic Ocean labelled Vinland. The map also mentions that Vinland was visited in the 11th century.

This corresponds well with a tradition in Viking folklore that Norsemen, using Iceland and Greenland as stepping stones, had a more or less regular contact with North America. According to some Icelandic sagas, North America was sighted in about 986 by Bjarni Herjolfsson, who was blown off course on a trip from Iceland to Greenland. His stories lured Leif Eiriksson on an expedition in the year 1000, on which he named (north to south):

Helluland (“Flatstone Land” – possibly present-day Baffin Island)
Markland (‘Wood Land’ – possibly Labrador) and
Vinland (‘Grapevine Land’ or ‘Pasture Land’ – possibly Newfoundland)

Eiriksson established two settlements: Straumfjördr in the north and Hop in the south. Both attempts failed quickly, also due to attacks from the native skraelingar (‘barbarians’), and were never repeated.

In 1960, archeological excavations at L’Anse-aux-Meadows on Newfoundland turn up the remains of a Viking camp. For the first time, scientists establish that Vikings actually did cross the Atlantic. Interest in all things Vinland soars. Yale University buys the map in 1965, has it insured for $25 million and publishes it in that same year. That was the starting point for two debates that rage to this day: Where is Vinland? And: Is the map real?

vinland_map.jpg

Some have placed Vinland in New England, after 1960 many were sure it was at L’Anse-aux-Meadows, thinking any location more southernly unlikely. Others postulated that L’Anse was an undocumented colonisation attempt, leaving open the possibility of Vinland having been more to the south, some would say as far south as present-day Rhode Island.

The map’s authenticity is maintained by Yale at its second edition in 1995. Which is remarkable, considering the amount of criticism it has had to endure. Such as:

While the map has been radiocarbon-dated to between 1423 and 1445, it appears to have been coated with an unknown substance in the 1950s. This could be an undocumented attempt at preservation, or it could be part of a forger’s attempt to draw a new map over an old one. It’s unclear whether this substance is over or under some of the ink on the page…
The ink itself has been chemically analysed, and dated to after 1923 due to the presence of anatase – a synthetic pigment in use only since the 1920s. Natural anatase has been demonstrated in various Mediaeval manuscripts, though.
As for the content of the map, a number of questions challenge the age of the document. Greenland is presented as an island – a fact not physically proven until the turn of the 20th century and unknown to the Vikings, who mostly thought it a peninsula descending from the north. Several passages in the text are equally anomalous.
Finally, the best argument against the map’s veracity seems to be that the Vikings were such good seafarers that they didn’t use nautical maps at all…

MAIS AU FAIT, POURQUOI OUBLIER LES PREMIERS HABITANTS DE CE CONTINENT, LES AMERINDIENS??????????????????????????????????????????????????????????????

Le Peuplement de l’Amérique

une histoire incertaine et controversée

Les origines des autochtones

Il y a 100 000 ans, au début de l’ère glaciaire, presque tout le nord du continent américain était recouvert de glace. Mais le continent était déjà habité lorsque les Européens sont venus le coloniser épisodiquement à partir du Xe siècle, puis systématiquement au XVIe siècle. On ignore la date exacte de l’arrivée des nations indigènes au Canada, mais les découvertes archéologiques nous indiquent que l’est du Canada est habité depuis près de 12 000 ans, alors que l’arrivée des premiers habitants ailleurs dans le continent remonterait à plus de 30 000 ans. Toutefois, il s’agit de régions qui n’avaient pas subi de glaciation, comme au Yukon. Or, les glaces ont recouvert la plus grande partie du territoire canadien jusqu’à 10 000 ans avant notre ère. C’est pourquoi on pense généralement que l’occupation du Canada par les autochtones daterait de cette période.

Les migrations asiatiques

Pour ce qui est des origines réelles des autochtones, on se perd en conjectures, car les scientifiques ne s’entendent pas sur les différentes hypothèses élaborées à ce sujet.

L’une des hypothèses les plus connues laisserait croire que des tribus de Mongolie et de Sibérie auraient, par petites bandes de chasseurs, émigré d’Asie par le détroit de Béring (du nom de Vitus Behring, un navigateur danois à la solde des Russes ayant exploré la région en 1728).

À ce moment, le niveau de la mer devait être très bas, asséchant partiellement le détroit qui constituait une plaine d’environ 1000 kilomètres de largeur et permettait ainsi le passage entre les deux continents.

Après le recul des glaciers (8000 ans avant notre ère) vers le pôle Nord, les autochtones seraient revenus dans le Nord repeupler une bonne partie du territoire nord-américain, dont le Canada. Ils auraient peuplé tout le continent en longeant la côte du Pacifique jusqu’à la pointe méridionale de l’Amérique du Sud, où les Incas et les Aztèques, par exemple, ont créé de grands empires. D’autres groupes de chasseurs auraient remonté vers le nord jusqu’aux Grands Lacs et au-delà, s’étalant jusqu’à l’océan Atlantique.

Ces peuplades mongoloïdes ont toujours été considérées comme les ancêtres de tous les Amérindiens actuels. Elles ont laissé des vestiges d’une culture baptisée chasseurs de Clovis, du nom d’un village au Nouveau-Mexique où l’on a découvert, en 1932, des pointes de flèche et des outils taillés selon une technique bien particulière. Par la suite, on a ensuite retrouvé des traces similaires dans des centaines d’autres sites dans le sud du Canada, aux États-Unis et jusqu’à Panama. Depuis longtemps, toute la préhistoire amérindienne reposait sur ce double constat: le continent américain n’était habité que depuis 12 000 ans et tous les autochtones actuels descendaient nécessairement de ces peuples mongoloïdes venus d’Asie.

D’autres théories possibles

Toutefois, certaines découvertes archéologiques relevées au cours des dernières années sont en train de bouleverser ces vieilles certitudes. On pense aujourd’hui que les Amérindiens ne sont pas nécessairement les premiers autochtones et que d’autres peuples auraient bien pu s’installer en Amérique avant eux. C’est qu’on s’explique mal de quelle façon les langues amérindiennes ont pu se diversifier en aussi grand nombre et parfois sans aucun lien de parenté linguistique. De plus, des tests d’ADN ne démontreraient aucune filiation entre certains groupes autochtones. Pourquoi, par exemple, ne trouve-t-on pas des sites du type «chasseurs de Clovis» en Asie, que ce soit en Russie ou en Mongolie, alors que cette culture est censée venir de ces régions?

De fait, la théorie traditionnelle du «pont intercontinental américano-asiatique» par le détroit de Béring ne fut possible que vers 14 000 ans avant notre ère, mais, selon des archéologues, certaines populations habitaient bien auparavant le continent. Des scientifiques croient que des immigrants auraient pu arriver sur les côtes septentrionales il y a 17 000 ans avant notre ère, lors de la déglaciation des régions du Nord.

Originaires du Pacifique?

D’autres scientifiques croient plutôt que les premiers habitants auraient traversé l’océan Pacifique par bateau pour arriver d’abord en Amérique du Sud. On a découvert des squelettes humains au Chili, qui dateraient d’il y a 15 000 ans. C’est pourquoi plusieurs anthropologues de renommée internationale contredisent la version largement connue du «pont international» par la découverte du désormais célèbre «homme de Kennewick», trouvé en 1996 sur les bords de la rivière Columbia dans l’État de Washington; même s’il est daté de quelque 9000 ans, son crâne allongé et sa face étroite ne correspondent pas à la description habituelle des populations amérindiennes. Selon l’archéologue américain Dennis Stanford, ses traits le rapprochent plutôt des populations du Sud-Est asiatique, des Polynésiens ou des aborigènes japonais de l’île d’Hokkaido.

De plus, d’autres sites ont été découverts ces dernières années, tels que celui de Meadow Croft en Pennsylvanie (15 000 ans) ou ceux d’Old Crow et de Bluefish en Alaska (plus de 20 000 ans). Que dire aussi du site de Pedra Furada au Brésil (estimé à plus de 20 000 ans, sinon 50 000 ans) et de deux sites du sud du Mexique, El Cedral et Tlapacoya, estimés, quant à eux, à plus de 35 000 ans?

Originaires d’Europe?

La plus récente théorie suppose qu’une migration humaine serait venue d’Europe il y a environ 19 000 ans. Des études ont permis de découvrir des similitudes génétiques entre certaines populations amérindiennes et les Solutréens originaires d’Europe, notamment de l’Espagne, du Portugal et du sud de la France; selon deux archéologues américains (Dennis Stanford et Bruce Bradley), les Solutréens auraient bien pu suivre, sur de petits bateaux construits en peaux de bêtes, les côtes de l’ancien glacier qui recouvrait l’Atlantique nord et coloniser une partie de l’Amérique, quelque 18 000 ans avant Christophe Colomb et également avant la possible utilisation du «pont Sibérie-Alaska» par des Asiatiques (leur arrivée étant estimée aux environs de -13 500 ans). Les peuples solutréens auraient ainsi colonisé toute la partie orientale de l’Amérique du Nord et se seraient arrêtés devant le désert américain et la toundra canadienne; certains se seraient quand même rendus en Amérique du Sud. Ces populations auraient probablement été repoussés vers le sud quand les «chasseurs de Clovis» auraient envahi le continent.

Terminons par ce témoignage de l’archéologue américain Dennis Stanford, ancien directeur du Département d’anthropologie de la Smithsonian Institution à Washington:

Les scientifiques sont aujourd’hui en train de réécrire l’histoire du peuplement du Nouveau Monde, et celle-ci paraît beaucoup plus longue et complexe qu’on ne le pensait jusqu’à présent. Le continent semble, en fait, avoir été colonisé depuis la nuit des temps par des vagues de peuplades d’origines très diverses, certaines venues par la terre et d’autres par voie maritime, via l’Atlantique ou le Pacifique. Ce nouveau paradigme fait encore l’objet d’une grande controverse, mais il apparaît que le scénario décrit jusqu’ici dans les livres d’histoire ne tient plus la route.

Ajoutons qu’au point de vue strictement géologique le continent nord-américain serait habitable depuis quelque 50 000 ans. Mais cette possibilité, on le sait, ne s’appliquerait qu’aux régions n’ayant pas subi de glaciation, comme au Yukon. On a découvert dans cette région des traces d’une occupation humaine qui remonte à 24 000 ans et, selon certains, même de 40 000 ans.

Quelle qu’en soit la controverse, on sait que le peuplement des Amériques ne s’est pas effectué en même temps, mais qu’il s’est étalé en de nombreuses migrations successives au cours des millénaires. On ignore réellement si l’Amérique du Nord a été occupée avant l’Amérique du Sud. À en croire les scientifiques, les autochtones pourraient provenir aussi bien d’Asie que d’Europe ou de l’Océanie. Les divers groupes se seraient mélangés à la suite d’alliances ou de guerres. Il paraît ainsi vraisemblable que des peuplades d’origines différentes aient successivement abordé le continent américain avant de s’éparpiller au gré des exodes et des changements climatiques. Ce qui est certain, c’est que les explorateurs européens ont découvert des civilisations à l’histoire complexe, dont les origines se perdent dans la nuit des temps

Les historiens admettent communément que le peuplement du continent américain a commencé vers -30000 à -12000 ans avant J.-C.. Les dates restent très imprécises car elles dépendent de données climatologiques et non sur des vestiges humains. Ces hommes sont des chasseurs-cueilleurs venant d’Asie qui profitèrent involontairement d’un radoucissement général du climat. Les glaciers remontant plus au nord, un large passage se libéra entre la Sibérie et l’Alaska : le fameux détroit de Béring pouvait être traversé à pied. On suppose que les hommes qui empruntèrent ce passage poursuivaient le gibier qu’ils chassaient comme le bison ou le mammouth. Cependant, ce corridor de près de 1500 km de large se referma assez rapidement, laissant ces premiers américains seuls à leur destin. On constate que très vite ils se dirigent vers le sud; par curiosité ou sous la pression démographique, les deux sans doute. Les hommes ont toujours tenté d’élargir leurs horizons, ceux poursuivant le gibier, et dépendant d’eux, ou ceux cherchant le paradis décrit par tant de mythes ancestraux. Mobiles et sûrement peu nombreux sur cet immense territoire qui s’ouvrait à eux, ils n’ont pas laissé de traces très exploitables pour les archéologues. Ils gardent donc leurs mystères même s’il ne fait guère de doutes qu’ils sont les descendants des Asiatiques des steppes immenses de Sibérie. Les premières traces de présence humaine découvertes au Mexique sont essentiellement des sépultures contenant quelques pièces de poterie et de pierres semi-précieuses. Les rares squelettes retrouvés, notamment au Mexique, révèlent des hommes aux traits physiques nettement mongoloïdes (yeux en amande, visage rond, lèvres charnues, cheveux sombres et raides…). Mais l’histoire est une science et, comme pour toutes les vraies sciences, rien n’est jamais certain.
Tisseuse indienne de Pátzcuaro
De nouvelles découvertes archéologiques viennent contredire cette version admise depuis plus d’un siècle. Le peuplement du continent serait plus ancien. On soupçonne les hommes d’avoir construit des bateaux dès -50000 ans car le peuplement de l’Australie remonte à cette période et l’on sait que c’était déjà une île. La découverte de vestiges de bateaux un peu partout dans le monde, et dont les plus anciens sont datés de -15000 ans, attestent de l’existence de déplacements maritimes voire de migrations de populations bien avant la date supposée du franchissement du détroit de Béring, à pied. Les voyages à travers les océans étaient donc possibles, et pas seulement sur la Méditerranée comme on le pensait auparavant. Pendant cette période, les océans Atlantique et Pacifique étaient moins vastes qu’aujourd’hui et un traversée était possible, même sur une petit embarcation. On se rappelle les exploits d’Alain Bombard, du norvégien Thor Heyerdhal (qui, avec on navire de fortune, le “Kon-Tiki”, relia en 1947 la Pérou aux îles du Pacifique, et notamment l’île de Pâques, et prouva ainsi que les Indiens aurait pu être à l’origine du peuplement de ces îles))ou de Gérard d’Aboville. Oui, cela est possible, même avec des moyens de fortune. Mais alors, qui seraient ces Premiers Américains ?
Le norvégien Thor Heyerdhalet le “Kon-Tiki”, son vaisseau de fortune qui traversa la Pacifique…

“L’homme de Kennewick”

De nombreux scientifiques, comme les américains Dennis Stanford et James Chatters ou le Brésilien Walter Nieves, commencent à douter d’un peuplement unique de l’Amérique, qui ne serait arrivé qu’une seule fois et serait donc le fait d’une culture unique et homogène que l’on nomme les Amérindiens. Deux cas, en particulier, viennent étayer cette réfutation.Le premier concerne un squelette retrouvé à Kennewick, près de la rivière Columbia dans l’état de Washington (nord-ouest des USA) en juillet 1996. “L’homme de Kennewick” a entre 9200 et 9500 ans et il serait mort des suites d’une blessure causée par une flèche dont on a retrouvé la pointe en silex dans l’un de ses membres. James Chatters, son découvreur, le décrit ainsi : “C’est le seul (squelette) aussi complet et aussi vieux aux Etats-Unis. Il appartenait à un homme d’une quarantaine d’année à la face étroite, au menton proéminent. Il n’avait pas une vie paisible. Il crispait souvent la bouche et pleurait sans doute beaucoup…” Pourtant, selon ses analyses, cet homme ne ressemble visiblement pas aux autres hommes peuplant la région à cette époque : visiblement, son anatomie est de type “caucasien”, c’est-à-dire européen. Ses conclusions (provisoires) ne passent évidemment pas inaperçues auprès de ses confrères. Malheureusement, l’analyse de l’ADN du squelette qui aurait pu trancher la question n’est pas encore disponible (les analyses d’un bout d’os prélevé en septembre 1999 n’ont toujours pas été publiées) mais il est permis de penser qu’il ne soit pas l’ancêtre direct des Indiens actuels. Effectivement, une polémique est apparue lorsque les tribus indiennes (dont les Umatilla et les Yakima) ont voulu récupérer les ossements de cet homme qu’il nomme “le Grand Ancêtre” et comme l’autorise depuis 1990 une loi fédérale, le Native American Graves Protection and Rapatriation Act. Cette loi permet aux tribus indiennes de réclamer, d’honorer et d’inhumer les reliques de leur ancêtres retrouvés par les archéologues. La science se retrouve confrontée à la religion.

Aujourd’hui, “L’homme de Kennewick” est devenu un enjeux qui dépasse les seuls scientifiques et historiens et une action en justice est engagée pour déterminer à qui revient ces ossements… La première audience est prévue pour juin 2001 mais on peut dire que cet “Homme de Kennewick” gardera encore jusque-là tout son mystère. Il faut bien voir que cette histoire renvoie à un problème plus général qui mélange politique et démagogie : l’extrême-droite américaine serait heureuse d’avoir un nouvel argument à mettre sur la table en démontrant que les Indiens, qui se réclament être les seuls véritables Américains puisqu’ils sont sur ce territoire depuis toujours, n’ont plus de raisons de réclamer des droits que légitimement ils pouvaient exiger d’un état qui les a spolié de leur terres et de leurs réserves de chasse lors de la colonisation. La science face à la politique…

“L’homme de Kennewick”Le crâne de “l’homme de Kennewick”
Finalement, le magazine Science et Vie d’octobre 2002 (N° 1021 – page 24 sous le titre “L’Homme de Kennewick sera bien étudié” ) annonce dans ses colonnes que le jugement rendu est finalement favorable aux scientifiques qui pourront étudier l’ADN du fameux squelette qui ensuite sera rendu aux Indiens qui pourront lui rendre les derniers hommages
L’autre cas concerne un squelette retrouvé au Brésil en 1975, près de la ville de Belo Horizonte. Il est daté avec précision de -11500 ans et son aspect physique semble dénoter dans l’environnement archéologique habituel de la région. C’est une femme, “Luiza”, et elle ressemble beaucoup aux Aborigènes australiens et aux Mélanésiens : loin des steppes de Sibérie… On a découvert au Brésil, en 1995, mais aussi au Chili et en Argentine, peu après, des vestiges humains que les datations, de moins en moins contestées, font remonter à -50000 ans ! On n’hésite plus à critiquer l’ancienne hypothèse d’un peuplement “sibérien” du continent par la terre ferme. Certes, cette migration par le détroit de Béring a bien eu lieu mais elle semble relativement tardive. Il y a eu en fait plusieurs vagues, par terre mais aussi par mer, et le découvreur de l’Amérique n’a pas forcément posé le pied en Alaska. Et peut-être même ne fut-il pas seulement le fait d’Asiatiques. Selon Dennis Stanford : “On ne peut plus affirmer que les premiers habitants du continent soient arrivés d’Asie du Nord. (…) Il est clair que ce peuplement (…) s’est effectué au gré de nombreuses migrations, étalées sur une très longue durée, de peuplades d’origines diverses, dont certaines arrivées par la voie maritime”. James Chatters expriment aussi ses doutes sachant que les hypothèses simples sont souvent partielles : “(Ces premiers Américains) ont pu venir de différents endroits. Sans doute la majorité est-elle arrivée d’Asie, mais il n’y a pas de preuves pour affirmer qu’ils ne viennent pas d’Europe. Il existe, par exemple, beaucoup de similarités entre les outils trouvés aux Etats-Unis (de type Clovis) et des outils retrouvés en France ou dans la péninsule ibérique et datant du solutréen (-23000 à -17000 ans). On ne peut écarter cette hypothèse. Ils ont très bien pu traverser l’océan Atlantique, en partie gelée à l’époque. La couche de glace était suffisamment épaisse pour marcher et suffisamment fine pour y trouver de la nourriture”. Evidemment, il est aujourd’hui impossible de retrouver les traces de cette migration qui serait le pendant occidental de la traversée du détroit de Béring. Il faut dire que les recherche archéologiques sont relativement récentes aux Etats-Unis où l’on est plus habitué aux dinosaures de type Tyrannosaure qu’aux restes de cultures primitives. De plus, convaincus par l’hypothèse asiatique, les archéologues ont surtout recherchés dans les zones supposées de leur migration et donc surtout dans l’ouest. De nombreuses zones, à l’est et au sud, demeurent encore négligées mais il est à parier que les découvertes risquent de se succéder dans un futur proche.
 
D’autres découvertes permettent d’ouvrir de nouvelles hypothèses mais le droit des Indiens de réclamer les reliques de leurs ancêtres entravent ces recherches. La liste est longue. En 1993, Robson Bonnichen (directeur du Centre de recherche sur les premiers Américains de l’Université de l’Oregon) a pu exhumer des cheveux humains dans le sud-ouest du Montana (USA) : ils les estiment à plus de 10000 ans. Considérant ses fouilles comme une profanation de leur terre, les Indiens ont obtenu l’arrêt des fouilles. Bataille juridique, mais il semble que le chercheur pourra cependant obtenir gain de cause : les cheveux ne prouvent être considérés comme des ossements… Dans l’Idaho, dans le comté de Buhl, c’est un crâne de jeune femme trouvé en 1989 qui a du être restitué aux Indiens Shoshone-Bannock et inhumé selon leur coutume en 1991. Idem pour le squelette d’un homme d’environ 40 ans retrouvé au Colorado en 1988 et restitué à la tribus Ute. Un crâne de jeune fille retrouvé dans le Minnesota en 1931, dit de “la femme des rapides du Pélican” et présentant une singulière physionomie (visage large et court, nez étroit, dent longues…), fut restitué et enterré par les Sioux du Dakota du Sud en 1999. Il y en a d’autres… On comprend la frustration des chercheurs mais il est vrai que l’on doit respecter les arguments des Indiens. Cependant, on ne peut que constater que rien n’est jamais sûr. Il faut bien voir que les chercheurs, les anthropologues, ont un travail bien difficile. Il suffit de voir ce qui se passe aujourd’hui en Afrique, à propos du “premier homme”, pour comprendre que la recherche des origines n’est pas simple et qu’il faut compter aussi bien avec les données de la génétique, que les découvertes archéologiques, qu’avec les convictions de chacun.
 
On a donc cru jusqu’aux années 60 que le peuplement de l’Amérique (des Amériques devrait-on dire) s’était enclenché 12000 ans avant notre ère environ. Mais comment alors expliqué la rapidité du peuplement du continent puisque l’on trouve des vestiges de présence humaine de l’Alaska à la Terre de Feu dès le commencement de cette colonisation.Dès 1973, la découverte du site de Boqueira do sitio de Pedra Furada (“L’abri du vallon de la pierre percée” dans l’état du Mato Grosso) par une équipe franco-brésilienne va tout remettre en cause. Le site est d’un richesse étonnante et on y a compté plus de 200 peintures rupestres. Malgré les premières datations qui font bien remonter l’occupation du site à – 12000 ans, les scientifiques sont rapidement tombés sur un “os”. Les couches sédimentaires inférieures, méticuleusement dégagées ont révélées d’autres traces humaines bien plus anciennes… Des prélèvements sont envoyés en France pour analyses du carbone 14 (Centre des faibles radioactivités du CNRS de Gif-sur-Yvette – 1985) et c’est alors un coup de massue : – 32160 ans ! (avec une marge de + ou – 100 ans. A cette époque, en Europe, ils n’y a encore que des Cro-Magnon… (la grotte Chauvet en France date de cette époque). La découverte est retentissante. Elle sera suivie d’autres découvertes notamment au Mexique : Tlapacoya dans la bassin de Mexico est datée de – 24000 ans, El Cedral (1966) datée de – 32000 ans et plus récemment en 1981 le site de Monte Verde (Chili) qui remonte à – 35000 ans. Le doute n’est donc plus permis mais alors, que c’est-il véritablement passé ?

L’une des hypothèses la plus probable serait de considérer que l’homme de Cro-magnon serait apparu plus à l’est que l’on ne le pense généralement (au Proche Orient en l’occurence puisque les premiers “hommes modernes” sont localisés en Israël : les vestiges découverts à Skhûl et à Qafzeh sont reconnus comme modernes et datés de – 90000 à -105000 ans). Dans ce cas, les premières migrations vers l’Amérique ont pu avoir lieu dès la première glaciation qui a laissée libre la détroit de Behring il y a 62000 ans ou alors plus récemment vers – 52000 ans ce qui rendrait compte des découvertes récentes. Et d’autres sont à venir.

Pour en savoir plus :Les premiers hommes modernes – Homo sapiens sapiens

Le site de Tlapacoya – Mexique (Esp.)

 
L’été 2003 a apporté son lot de bonnes nouvelles. Réétudiant une série de 33 crânes retrouvés dans les années 80 dans la région de la Basse-Californie, le professeur Rolando Gonzalez-José, de l’université de Barcelone, a pu en mettre lumière les similitudes qui existent entre les caractéristiques anthropométriques de ces squelettes comparés à ceux des peuples de l’Australie et du Pacifique sud vivant à la même époque (les crânes sont datés de la période de la Conquête – “Nature” – 04/09/2003).En avril 2005, la découverte des squellettes humains de “La Mujer de los Baños” estimé dans une première analyse à – 12700 ans semble bien repousser encore plus loin la présence des premiers hommes au Mexique depuis la découverte de Tepexpan.

Ces ancêtres des Indiens d’Amérique seraient-ils venus par mer et auraient-ils vécus en parrèlle, en marge même sur cette presqu’ile de la Californie, des autres peuples Amérindiens ? Ceci relance le débat sur la légitimité des droits que veulent poser les descendants des Indiens, les “natives”, sur ces terres qui gardent encore un part de mystère pour les historiens.

 
©Photo DR

La photo de l’un de crânes étudié par le professeur Rolando Gonzalez-José

Alors, ces Asiatiques, s’ils ne furent pas les premiers Américains, ont cependant réussit la conquête entière du continent par guerre ou par assimilation, et ceux sont eux qui sont restés dans les mémoires et dans les gènes. Mais, qui sait ? Le découvreur de l’Amérique, bien avant les colons vikings (dont la présence est maintenant prouvée sur le continent dès l’an 1000) aurait pu être des Européens ; et pourquoi pas un Breton !
Pour en savoir plus sur :“Les Indiens du Nouveau Monde”

“Les peintures rupestres de la Basse-Californie”

Des liens :

Recueil des récentes découvertes de archéologues :

http://members.aol.com/emdelcamp/cultures.htm (Us.)

Une galerie de gravures du Nouveau-León :

http://rupestreweb.tripod.com/gonzalez.html (Esp.)

 


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