| L’homme à la conquête du monde

Les premiers hommes
LES PREMIERS HOMMES!
Le Paranthrophus Robustus était l´un des premiers hommes, très proche de l´Australopitecus. Il vivait il y a entre 3 et 1 millions d´années (à la fin du tertiaire et au début du quaternaire). C´était un bipède d´une taille de 1,50 mètres et d´un poids de 70 kilogrammes. Mais, il ne marchait pas totalement debout. Il était adapté à la vie en forêt et à l´alimentation végétale. Il n´a pas eu de successeur
Les étapes du processus qui a conduit les descendants d’Homo erectus à occuper l’ensemble de la planète ne sont pas encore bien connues des préhistoriens. L’archéologie, la linguistique et la biologie moléculaire concourent à éclairer le phénomène de la différenciation des groupes humains et aident les historiens à rendre compte des multiples brassages de peuples qui ont déterminé la répartition de la population. Le métissage sera-t-il, comme cela a été suggéré, l’avenir de l’humanité? Les premiers représentants de l’espèce humaine sont apparus il y a un peu moins de 4 millions d’années, en Afrique orientale. Pendant environ 2 millions d’années, ces hommes se sont cantonnés dans cette partie du monde, comme en témoignent les sites préhistoriques, dont les principaux sont Olduvai, en Tanzanie, Koobi Fora, au Kenya, Swartkrans et Sterkfontein, en Afrique du Sud. Ils vivaient de la chasse et de la cueillette. Le milieu était relativement favorable, bien que l’homme ne fût, à cette époque, qu’un modeste prédateur, face à une nature au climat excessif et à un monde animal aux moyens – puissance, rapidité, agressivité – souvent redoutables. Mais le développement progressif de son intelligence permit à Homo erectus de surmonter ces obstacles et de se lancer à la conquête du monde.
On ignore les raisons – modifications climatiques entraînant des déplacements du gibier? croissance démographique? curiosité intellectuelle (apanage de l’espèce)? – qui ont poussé l’homme à se répandre sur le continent africain d’abord; puis en Eurasie.
L’expansion d’Homo erectus
Il y a 2 millions d’années, Homo erectus commençait une expansion qui allait conduire ses descendants à occuper l’ensemble de la Terre. Cette expansion, très lente à l’échelle du temps, fut paradoxalement rapide. L’homme était si rare (5 millions d’individus peut-être il y a 35′000 ans, quand apparaît l’homme actuel, Homo sapiens sapiens) que ce fut un exploit de franchir en si peu de temps de pareilles distances, même si cela ne représente que quelques kilomètres par génération: 100′000 générations ont participé à ce mouvement, qui débute par l’occupation de l’ensemble de l’Afrique, jusqu’aux rivages de la Méditerranée. On dispose de preuves d’une présence d’Homo erectus hors d’Afrique avant -1 million d’années, au Proche-Orient (à Oubeidiyeh, en Israël), en Asie (peut-être -1,8 million d’années en Indonésie et en Chine) et en Europe occidentale. En France, certains chercheurs estiment qu’il pourrait être déjà présent vers – 2 millions d’années, mais les véritables preuves d’une présence humaine datent de 900′000 ans (le Vallonet, puis Soleilhac).
Il semble cependant que l’homme ait occupé l’ensemble de l’Eurasie avant -1 million d’années. Il dispose, à partir de -1,3 million d’années, d’une civilisation, l’acheuléen, à la technologie déjà évoluée, qui lui permet de mener une existence nomade de chasseur-cueilleur. Il invente à cette époque certains des éléments essentiels à son futur développement et à son expansion – le langage, un véritable habitat – et maîtrise le feu.
Mais les océans restent infranchissables, et les immenses étendues froides du nord de l’Eurasie ne sont pas occupées. En fait, la pression démographique est si faible que l’expansion se limite aux régions les plus favorables. Cette période dure plus de 1 million d’années: c’est la stabilité et la lenteur de l’évolution qui sont les caractéristiques principales de l’homme à cette époque. L’accélération est le fait d’un second peuplement.
L’installation d’Homo sapiens
Entre – 200′000 et – 100′000 ans, Homo erectus est progressivement remplacé par Homo sapiens dans toutes les zones déjà occupées. Entre -50′000 et -30′000 ans, l’homme profite de toutes les occasions (baisse du niveau de la mer, «ponts» de glace sur le détroit de Béring) pour traverser les étendues marines et peupler l’Amérique et l’ Australie. Mais certaines régions particulièrement isolées (archipels du Pacifique, montagnes, nord de l’Eurasie et littoral arctique) devront attendre la fin de la dernière glaciation et les progrès de la navigation pour être occupées.

L’origine de l’homme moderne
Si les étapes de cette deuxième conquête de la Terre commencent à être connues, une controverse scientifique partage les spécialistes: plusieurs thèses s’affrontent quant à l’origine d’Homo sapiens. Est-il, comme son ancêtre Homo erectus, originaire d’une seule région (en l’occurrence l’Afrique, une fois encore) ou bien la mutation s’est-elle produite dans diverses régions du monde où Homo erectus était présent? Certains généticiens et linguistes pensent pouvoir prouver l’antériorité des premiers représentants africains d’Homo sapiens par la thèse du monocentrisme.
Cependant, les traces archéologiques semblent militer en faveur du polycentrisme. L’humanité actuelle aurait eu plusieurs berceaux, et chacun d’eux aurait été relié à ses voisins à la suite du nomadisme des populations. Le passage d’Homo erectus à Homo sapiens s’est effectué graduellement. Les transformations physiques et intellectuelles ne paraissent pas contemporaines d’une région à une autre. Il semble que certaines caractéristiques des principaux groupes humains (Asiatiques, Aborigènes d’Australie, circum-Méditerranéens, Africains) aient évolué sur de longues périodes, approximativement dans les zones que ces peuples occupent encore aujourd’hui. En fait, il paraît difficile d’admettre que les descendants de l’hypothétique «Ève africaine» aient totalement remplacé, partout dans le monde, les groupes d’Homo erectus, dont on peut mesurer, par les fossiles, l’évolution continue et locale vers Homo sapiens. L’exemple du Proche-Orient semble particulièrement probant. Les premiers hommes modernes de la région, issus d’un indigène Homo erectus, ont longtemps cohabité avec les derniers néandertaliens, vers – 100′000 ans. On n’y distingue, en l’état actuel des connaissances, aucune irruption d’un homme moderne qui serait venu d’Afrique.
Quoi qu’il en soit, vers – 100′000 ans, il semble déjà y avoir eu une séparation en deux groupes, l’oriental et l’occidental, qui sont à l’origine des peuples actuels de la Terre. Cette séparation pourrait avoir eu lieu en Afrique orientale ou au Proche-Orient. Mais d’innombrables métissages avec les populations antérieures indigènes ont abouti à l’actuelle diversité des peuples de la Terre. Cette diversité n’a guère, en fait, plus de 25′000 à 30′000 ans, et parfois beaucoup moins. A partir de – 50′000 ans environ, de nombreuses migrations ont été reconnues. Elles sont souvent liées à l’évolution du climat pendant la dernière glaciation, qui, de – 85′000 à -10′000 ans, a bouleversé la surface de la planète. A plusieurs reprises, des calottes glaciaires ont recouvert le nord de l’Eurasie et de l’Amérique. Le climat, excessivement froid, était défavorable à l’homme dans de nombreuses régions aujourd’hui tempérées. Parallèlement, le niveau des mers baissait considérablement. Il était, par exemple, à -110 m par rapport au niveau actuel il y a 18′000 ans, découvrant ainsi des espaces immenses qui permettaient des liaisons à pied sec entre des régions aujourd’hui séparées par des étendues d’eau. Au contraire, certaines périodes furent plus clémentes, en particulier vers -100′000 et -35′000 ans, ce qui favorisa l’expansion humaine. A partir de -10′000 ans, la fin de la glaciation conduisit en quelques millénaires au climat actuel et l’homme put occuper l’ensemble de la Terre.
L’homme moderne autour de la Méditerranée
Mieux connue en Europe et au Proche-Orient qu’ailleurs dans le monde, l’évolution vers l’homme moderne montre à quel point les conditions locales ont influé sur le processus. A partir de populations d’Homo erectus indigènes sont apparues des formes variées d’Homo sapiens archaïques. A l’extrémité occidentale de l’Eurasie, Homo sapiens neandertalensis s’est adapté, dans un relatif isolement, à un milieu très froid. Au Proche-Orient, une autre forme d’Homo sapiens s’est développée, appelée Proto-Cro-Magnon, et qui évolue vers l’homme actuel, Homo sapiens sapiens. Il semble que des néandertaliens européens aient migré au Proche-Orient. Ils auraient été absorbés par les Homo sapiens de la région, qui, en sens contraire, vont coloniser l’Europe vers – 35 000 ans, provoquant la disparition, pour une raison inconnue (métissage, «digestion» génétique ou culturelle, épidémie probablement; mais certainement pas génocide guerrier) des indigènes néandertaliens. L’homme de Cro-Magnon est donc, en réalité, un immigré en Europe. Mais, pendant une longue période, néandertaliens et Homo sapiens sapiens, tant au Proche-Orient qu’en Europe, ont utilisé les mêmes industries, évoluant dans le même sens.
L’évolution du peuplement de la Terre pendant la préhistoire n’est donc pas le fait de grandes migrations radicales qui auraient anéanti brusquement des peuples entiers.
Les premiers Américains et Australiens
Les premiers Américains
L’ancienneté du peuplement du continent américain est actuellement controversée, car les fouilles n’ont pas donné de dates incontestables. Il est établi que l’Amérique a été occupée par le nord-ouest, à partir de la Sibérie, qui n’est séparée de l’Alaska que de quelques dizaines de kilomètres. Le peuplement de l’Amérique a donc dépendu étroitement du climat dans la région du cercle polaire arctique. Pendant la dernière glaciation, des accumulations considérables de glace ont recouvert l’ensemble de la région. En contrepartie, le détroit de Béring, entre Asie et Amérique, était à sec, le niveau de l’océan ayant baissé. Le passage n’a donc pu se faire qu’à des moments où, d’une part, les glaciers ne barraient pas totalement le chemin et où, d’autre part, le détroit de Béring était facile à franchir (à sec, réduit à un isthme très étroit ou gelé). Les barrages de glace ont été très puissants vers -70′000 et entre -23′000 et – 12′000 ans. En revanche, entre -60′000 et -23′000 ans, la traversée était possible. Après -12′000 ans, le passage s’est complètement ouvert. Une première occupation avant – 30′000 ans peut être envisagée, d’autant plus que la Sibérie semble à peu près vide jusque vers -35′000 ans. Il reste cependant à obtenir d’incontestables confirmations, tant dans le nord que dans le sud du continent, où un site brésilien a été daté de -30′000 ans. Mais on ne sait toujours pas combien de temps l’homme a mis pour franchir les 20′000 km qui séparent l’Alaska de la Patagonie.
Des migrations plus récentes, toujours à partir de la Sibérie, ont eu lieu, dont la dernière, depuis 4000 ans, est celle des Esquimaux (appelés aussi «Inuit»), qui ont progressivement occupé les régions arctiques à la faveur de la disparition des derniers lambeaux de calottes glaciaires, dont il ne reste que le Groenland. Il existe une proximité parentale des Amérindiens et des Esquimaux avec les Sibériens, les Coréens, les Mongols et les Japonais.
Les premiers Australiens
Au paroxysme de la dernière glaciation, l’Australie n’est pas isolée: le continent asiatique, auquel l’Indonésie est attachée, est à moins de 100 km. Le peuplement de l’Australie est antérieur à -40′000 ans: les premiers Australiens, Homo sapiens sapiens sans doute venus de Java, sont les ancêtres directs des Aborigènes.
Le peuplement de l’Océanie
L’Océanie est un ensemble d’îles et d’archipels, parfois très isolés, dans l’océan Pacifique. Seule la connaissance de la navigation a permis son peuplement, car les lignes de rivage sont celles d’aujourd’hui depuis 6000 ans. Les îles proches de la Nouvelle-Guinée sont occupées dès – 31′000 ans. Mais, plus loin, le mouvement ne débute que vers – 5000 ans (Nouvelle-Calédonie). Mélanésiens et Polynésiens sont originaires des régions littorales de Chine, comme le montrent leurs modes de vie et leurs langues (encore parlées dans certaines régions de l’Asie du Sud-Est et de Madagascar). L’ouest de l’Océanie est atteint vers – 2000 ans; le centre, au début de notre ère; les îles lointaines, ou isolées (Hawaii, Pâques et Nouvelle-Zélande), au cours du Ier millénaire de notre ère.
Mode de peuplement et néolithisation
Depuis le début de son expansion, l’espèce humaine, quel que soit son degré d’évolution, avait un mode de vie unique, fondé sur le nomadisme de petits groupes de chasseurs-cueilleurs, aux effectifs limités, perdus dans un espace si vaste que toute croissance démographique forte était exclue. Mais il y a environ 10 000 ans l’homme commence à passer d’une économie où il se contente de prélever sur la nature ce dont il a besoin à une économie de production (agriculture, élevage) qui permet de nourrir une population infiniment plus nombreuse. La très forte croissance démographique qui devient possible va alors le contraindre à occuper toutes les niches écologiques du globe (y compris les régions les plus froides, les forêts équatoriales, les espaces subdésertiques, les montagnes au-dessus de 3000 m, les marais). Son nouveau savoir-faire technique le lui permet.
La prospérité qui naît du mode de vie néolithique engendre d’innombrables migrations. L’Europe est progressivement conquise par des agriculteurs et des éleveurs venus du Proche-Orient et, plus tard, de l’Asie centrale. En Afrique, à partir de -5000 ans, des peuples d’éleveurs aux origines très variées, comme le montre l’art rupestre saharien, conquièrent, avec leurs bœufs, l’ensemble du Sahara, puis commencent à descendre vers l’Afrique de la forêt. Les Bantous, peuple originaire de l’Afrique de l’Ouest, vont conquérir presque toute la partie sud du continent grâce à deux armes, le métal et l’agriculture. Mais, dès cette époque, les idées et les techniques voyagent autant que les hommes: point n’est besoin du déplacement de tout un peuple pour qu’une région adopte un mode de vie différent ou une culture nouvelle.
L’économie de production permet une densité d’occupation beaucoup plus forte. C’est à cette époque que naît la concurrence entre les peuples pour la possession du sol. Les hommes se fixent dans des villages, au centre de véritables terroirs, puis dans des villes, et commencent à pratiquer des activités – commerce, navigation, guerre – qui vont contribuer à accroître leurs échanges génétiques. Le nombre total des hommes augmente alors significativement. Mais il n’y a sans doute pas 100 millions d’hommes au début de notre ère.
Définition
Les données archéologiques et paléoanthropologiques indiquent que l’Homo sapiens est apparu en Afrique. La présence d’humains dans tous les endroits de la planète résulte donc de mouvements de population. Pour autant, certains auteurs considèrent que tous ces mouvements ne sont pas nécessairement des migrations. Dans le cadre d’une économie de chasseurs-cueilleurs, le nomadisme est nécessaire pour assurer sa subsistance : les groupes doivent régulièrement changer de lieu de résidence lorsque les ressources naturelles deviennent rares. De petits déplacements réguliers de l’ordre d’une vingtaine de kilomètres sur quelques centaines de générations pourraient expliquer le peuplement de l’ensemble de l’Eurasie à partir de l’Afrique sans qu’il y ait de véritable migration, au sens de mouvement conscient d’un ensemble de personnes d’un point à un autre dans un but donné.
Les migrations préhistoriques
L’histoire des migrations humaines commence avec les déplacements d’Homo erectus hors de l’Afrique à travers l’Eurasie il y a environ un million d’années. Homo sapiens semble avoir colonisé toute l’Afrique il y a quelque 150 000 ans. Il commence à sortir d’Afrique il y 80 000 ans. Il y a 40 000 ans, il s’est répandu à travers l’Eurasie et l’Australie.
 

Carte des migrations préhistoriques d’homo sapiens sur la base de l’ADN mitochondrial (datations en milliers d’années avant le présent)
Peuplement de l’Australie
Selon les estimations, on pense que les premières populations humaines sont arrivées en Australie entre 40 000 et 70 000 ans avant le présent. Durant la dernière glaciation, le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’aujourd’hui. La côte australienne se situait au niveau de la mer de Timor. L’Australie et la Nouvelle-Guinée formaient un seul continent, appelé Sahul et étaient reliées par un isthme situé au niveau de la mer d’Arafura, du golfe de Carpentaria et du détroit de Torres. Selon une théorie plus récente, des hommes auraient navigué sur de petites distances à partir des îles de l’actuelle Indonésie pour atteindre le Sahul. Puis, par voie terrestre, ils se seraient dispersés sur l’ensemble du continent. Les témoignages archéologiques montrent la présence d’habitations humaines en amont de la Swan River, en Australie occidentale, il y a environ 40 000 ans. Il semble que la Tasmanie, elle aussi accessible par voie terrestre à l’époque, ait été atteinte vers 30 000 avant J.-C.
Article détaillé : Préhistoire de l’Australie.
Peuplement du continent américain
Pendant longtemps, on a pensé que l’Amérique a été peuplée par des groupes venus d’Asie et ayant traversé le détroit de Béring pendant la période glaciaire.
Les découvertes récentes montrent que l’histoire du peuplement de l’Amérique est plus complexe. Selon certains auteurs nords-américains, l’Homme de Kennewick, retrouvé dans le nord-ouest des États-Unis en 1996, aurait un profil « caucasien » (au sens étatsunien du mot). Luzia ainsi que des dizaines autres squelettes découverts à Cerca grande et sur le site de Pedra Furada, tous situés au Brésil, indiquent une origine australoïde évidente. Les squelettes mis au jour dans l’État de Mexico, la Femme de Peñon et l’Homme de Tlapacoya auraient une morphologie à la fois proche du type caucasien et australoïde.
Peuplement de l’Asie du Sud-Est insulaire, du Pacifique et de Madagascar
Il y a 5 000 ans (3 000 avant J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du sud commencent à traverser le détroit pour s’installer à Taiwan. Vers 2 000 avant J.-C., des migrations ont lieu de Taiwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Célèbes et Timor et de là, les autres îles de l’archipel indonésien. Il y a 3 500 ans (1 500 avant J.-C.), un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. Bien plus tard, du IXe au XIIIe siècle, des sources arabes notent la présence, sur la côte est de l’Afrique et aux Comores, de marchands et marins originaires des îles d’Asie du Sud-Est. Les Austronésiens sont sans doute les premiers grands navigateurs de l’histoire de l’humanité.

AUTRE ARTICLE:
L’AFRIQUE, BERCEAU DE L’HUMANITÉ
On a souvent coutume d’appréhender l’histoire des peuples de la diaspora noire voire créole, comme si ceux-ci étaient nés de l’esclavage. Quant aux extravagances outrancières de Hegel, elles voudraient qu’avant leurs déportations dans le Nouveau Monde, leurs ancêtres aient même assisté en spectateurs à la marche de l’histoire. Et pour enfoncer le clou, l’Africaniste anglais Basile Davidson de s’interroger dans le numéro d’octobre 1959 du Courrier de l’UNESCO : « Le Noir est-t-il un homme sans passé ? » En fait l’histoire des peuples du continent noir a débuté bien avant celle du reste de l’humanité. Elle l’a même engendrée, car du point de vue scientifique il est communément admis aujourd’hui, que tous les hommes qui peuplent notre planète ont une terre d’origine commune : l’Afrique. Ce qui sous-tend que nos ancêtres seraient bien apparus en Afrique noire, il y a quelques millions d’années ! Leur transformation de l’état de « primates » à celle d’humanoïdes puis d’êtres humains est due au hasard et aux effets de la sélection naturelle. Tout commence à partir de ce phénomène appelé Tectonique des plaques, qui va jouer un rôle déterminant dans la formation des continents mais, également, dans le processus d’hominisation. On sait que les plaques « dérivent » à la surface du manteau terrestre, lequel communique avec le magma qui constitue le noyau central de la terre. Et que les continents, au cours des âges géologiques, vont se morceler pour former des îles et (ou) des terres distinctes. Et que la vie « explosera » à la surface des terres. Ainsi, jusqu’au Crétacé soit, quelque 110 millions d’années, l’Europe et l’Amérique ne formaient qu’un continent : l’Euramérique ; puis, la montée des mers aidant, la première sera isolée de l’Amérique quoique restant toujours rattachée à l’Afrique. Bien des espèces avaient eu le temps de profiter de la liaison intercontinentale, pour s’installer en Europe et en Afrique. C’est ainsi qu’un étrange animal du nom de Purgatorus du Montana, un primate vivant dans les Montagnes Rocheuses, en profitait pour émigrer et s’adapter aux nouvelles conditions du milieu. Il laissera des traces sur la butte Montmartre, à Paris, où un descendant sera reconnu sous le nom d’Adapis parisiensis. Notre Adapis, soucieux sans doute d’échapper aux rudes conditions climatiques prévalant alors dans ces lieux, passera en Afrique où il évoluera. On l’y retrouve plus tard, bien changé, car la tête s’est arrondie et la queue s’est allongée. Il était en quelque sorte l’ancêtre des singes, dont le premier aura pour nom : Aegyptopithecus. Il y en a bien sûr d’autres, tels le Proconsul ou encore le Sivapithèque de l’Inde.
Mais ce primate de 5 à 6 kg, exhumé au Fayoum en Egypte, sera l’un des « maillons » de départ du fil commun reliant les singes aux hommes. Même le pape Jean-Paul II – sans doute un des plus courageux des souverains pontifes -, a compris que contrairement aux religions, la vérité scientifique n’est pas une question de croyances mais de fait. Il a fini par reconnaître en 1996 devant l’Académie pontificale des Sciences, que la théorie de l’évolution est « Plus qu’une hypothèse », admettant ainsi que la piste de Adam et Eve était devenue intenable. Toutefois, pour permettre aux créationnistes de maintenir la tête hors de l’eau, il a exploité la seule véritable faille de la théorie de l’évolution en ajoutant que : « Entre le règne animal et l’espèce humaine, il existe un saut fondamental que les processus évolutifs ne peuvent totalement décrire », en clair le fameux chaînon manquant. Pour autant toutes les études d’ADN prouvent, que l’homme et le chimpanzé avaient un même ancêtre commun il y a environ 7 millions d’années. On a aussi découvert qu’avec nos chers cousins chimpanzé, nous partageons beaucoup plus que cela, comme la bipédie, la culture, l’outil, la politique et même la sexualité pour le plaisir. Mais passons sur la querelle des paléontologues et anthropologues quant à « l’ancêtre commun manquant » pour nous intéresser aux Australopithèques, c’est-à-dire les grands singes d’Afrique australe, chez qui se manifestera pour la première fois la nécessité d’évoluer. La dérive de l’Afrique vers le nord produit de nombreux phénomènes qui n’intéressent guère que le spécialiste. Notons toutefois que sa liaison avec l’Europe via l’Arabie facilitera les échanges de faunes et de flores. Cette même dérive provoqua il y a environ sept millions d’années, un événement majeur dans l’histoire géologique du continent : l’effondrement et l’affaissement, sur quelque 4.000 m de profondeur, de la Vallée du Rift, dans l’Est africain et l’élévation de sa bordure. Cet accident naturel coupa l’Afrique en deux par une énorme faille géologique longue de 6.000 km, qui va de l’Éthiopie à la Tanzanie en passant par les hauts plateaux du Kenya. Le phénomène provoqua un important changement de climat à l’Est où la forêt cédera la place à la savane. Nombreuses furent les espèces d’Australopithèques retenues prisonnières dans l’est du continent où sévissait une sécheresse rude dans un milieu hostile. Leurs congénères restés de l’autre côté du rift continueront à vivre dans les mêmes conditions climatiques et avec les mêmes habitudes alimentaires. Ces espèces aux conditions de vie inchangées évolueront vers nos cousins actuels restés des singes. En revanche, pour les prisonniers du rift, allait s’appliquer le principe majeur de l’évolution darwinienne : s’adapter ou disparaître. En clair, leur devenir sera affaire de la sélection naturelle, de survivance du groupe le plus apte. Isolées dans les nouveaux biotopes, nombreuses seront les populations qui s’éteindront non sans permettre aux autres d’entamer leur « marche en avant », autrement dit, le processus d’hominisation qui aboutira avec succès à la survenance de nos ancêtres directs. Le trait principal de cette évolution vers l’hominisation est : perte de l’habitude de grimper aux arbres pour, se redressant progressivement sur leurs membres postérieurs, pratiquer la bipédie qui leur permettra d’éviter bien des dangers (prédateurs) et de mieux chasser. La première découverte d’un squelette préhominien quasi complet en Afrique (dans l’Afar, en Éthiopie), fut celle de Lucy qui est l’un des plus anciens fossiles connus de ce type. Pour la petite histoire, la « mutante ancestrale » fut baptisée de ce prénom, car, au moment de sa découverte, les paléontologues écoutaient la chanson des Beatles «Lucy in the sky with diamonds. » Cette femelle qu’on peut qualifier de proto-humaine – dont l’appellation scientifique est Australopihecus afarensis -, était âgée d’une vingtaine d’années. Pesant de 20 à 25 kg, elle mesurait 1m 20 et aurait vécu il y a 3 200 000 ans. Cet « ancêtre africain direct ou indirect », qui précède d’un petit million d’années l’apparition des premiers hommes (Homo habilis, Homo ergaster, Homo erectus…), était incontestablement bipède car son bassin n’était pas celui d’un singe quoique son crâne fût bien celui d’un australopithèque arboricole
Ses habitudes alimentaires étaient déjà proches des nôtres. Lucy se nourrissait de fruits et de tubercules, et utilisait des outils primitifs en pierre. Toutes choses égales, cette petite personne (et son espèce ) était jusqu’ici considérée comme l’un de nos plus lointains ancêtres sans qu’on sache, à vrai dire, lequel serait le « bon. », car Lucy n’a plus vraiment la cote. Le débat reste ouvert, depuis la découverte du « plus vieil hominidé » fossile nommé « Millenium ancestor », titre que lui ravissait Toumaï dont le crâne a été découvert au Tchad – toujours en Afrique noire -, par l’équipe du professeur Michel Brunet en 2001. Cet hominidé serait vieux, semble-t-il, de 7 millions d’années, son histoire reste cependant à affiner. Dans un premier temps, les paléontologues ont pensé que, du fait d’une importante sécheresse, Lucy, et probablement quelques-uns de ses contemporains voire prédécesseurs, aurait disparu sans laisser de descendance et qu’une suite d’hominidés plus adaptés aurait abouti à notre véritable ancêtre, l’Homo habilis. Apparu il y a 2 500 000 ans, l’Homo habilis a été découvert, sous sa forme fossile, par le Dr Leakey au bord du lac Turkana au Kenya. Cet hominidé fabriquait des outils plus perfectionnés que ceux des Australopithèques et polissait le silex. L’Homo ergaster (« qui réalise l’homme » ), son successeur direct en Afrique, préfigure la lignée des hommes. Ce successeur est l’Homo erectus (l’homme dressé.) Apparu en Afrique aux alentours de 1,8 millions d’années, on peut considérer l’erectus comme « l’Africain colonisateur de la planète » et fondateur des lignées humaines. Quittant le continent noir, Homo erectus se faufilera vers l’Europe et l’Asie p ar les détroits de Bab El Mandeb (d’où la Mer rouge s’ouvre vers l’Arabie), de Gibraltar et aussi par la Sicile. On retrouve ses traces en Afrique de l’Est, en Afrique du Nord, en Chine (où il vécut il y a 1 million d’années) et en Europe il y a 700.000 ans. L’Homo erectus apprendra à perfectionner la taille de ses outils en pierre et à maîtriser le feu. Son descendant lointain, l’Homo sapiens (l’homme doté d’intelligence, l’homme sage…), sera le premier à enterrer ses morts contrairement à ses ancêtres qui les abandonnaient aux charognards. Apparu en Afrique il y a environ 100 000 ans, au Paléolithique supérieur, Homo sapiens est l’homme moderne par excellence, celui dont le cerveau atteindra 1300 cm3 en moyenne contre seulement 800 pour erectus. Il est l’ultime maillon de la chaîne du processus d’hominisation, c’est-à-dire nous. Il se caractérise par bien des points dont la transcription du langage, qui est déjà la première expression de la pensée. D’autres disent la grammaire c’est-à-dire non pas la reconnaissance des mots mais l’art de les combiner. Quant à son intelligence, elle lui a permis d’apprendre, d’accumuler le savoir et de le transmettre, pour finir par domestiquer et dominer son environnement.
Il y a 50 000 ans, Homo sapiens peuplait déjà l’Australie, l’Asie mineure et l’Extrême-Orient. Installé en Europe il y a quelque 40.000 ans, sa migration en Amérique (via le détroit de Behring) en provenance d’Asie, aurait eu lieu il y a un peu moins de 30.000 ans. Les peuples américains qualifiés d’Indiens ou de «Peaux rouges» sont donc les descendants en ligne directe de l’Homo sapiens asiatique. Plus notre ancêtre commun s’éloignera de l’Afrique, son berceau natal, plus il devra s’adapter aux modes sociobiologiques imposés par son environnement. Ces facteurs le transformeront physiquement et d’une certaine manière, psychiquement. Au cours des millénaires, il devra donc faire face, ici et là, aux conditions écologiques et sociologiques, en particulier celles découlant du climat. On considère que son phénotype (ensemble des caractères physiques et psychologiques) subira bien des modifications. C’est ainsi qu’un long séjour sous des climats froids provoquera l’amincissement du nez et la disparition progressive de la mélanine – élément de pigmentation – en surface, pour laisser apparaître une peau dite blanche ou jaune. Car la couleur de la peau, des yeux, la couleur et la texture des cheveux comme la forme du nez, tout cela n’est que caractères adaptatifs secondaires dont la « chimie intérieure » est responsable bien entendu. Il est à présent certain que nous, les humains dotés de sapience, appartenons tous à une espèce unique quoique présentant des variations phénotypiques multiples. Autrement dit : notre parenté biologique ne fait aucun doute et cela en dépit des différences dont celles parfois qualifiées abusivement de « raciales. » A ce chapitre, de tous temps pour des raisons idéologiques ou politiques, des hommes se sont employés à leur donner une prétendue existence biologique et une classification en types déterminés. Cette manœuvre fallacieuse tendait à crédibiliser l’existence de « races » différentes et hiérarchisées. Au XIXème siècle, la plupart des travaux entrepris par les paléontologues, qui étaient presque tous des médecins militaires coloniaux, tournaient autour de la théorie dite du Polycentrisme. Ceci pour ne trouver aucune parenté entre l’homme blanc, Indo-européen supérieur et les autres. Cette théorie voulait démontrer en clair, puisque des Homo erectus, ont peuplé presque en même temps l’Afrique, l’Europe et l’Asie, chacun avait son ancêtre et son évolution. Le processus de modernisation de l’homme (ou Sapientisation), se serait produit sur chaque continent, selon des facteurs culturels spécifiques à chaque peuple. Des «preuves scientifiques» furent même exhibées, comme l’homme de Piltdown – découvert dans le Sussex -, possible ancêtre de l’homme blanc, mais fabriqué par le géologue anglais Charles Dawson et que nombre de scientifiques considèrent aujourd’hui, comme la plus grande supercherie des deux derniers siècles. Toutes ces constructions incohérentes allaient être balayées par la Vallée de L’Homo dans l’Est africain, qui livrera ses secrets beaucoup plus tard. Les scientifiques allaient y découvrir la série la plus nombreuse, la plus complète et la plus continue des restes de nos plus lointains ancêtres. Ainsi parler de « différences », « d’infériorité » ou de « supériorité » raciale d’un groupe d’individus donné, comme l’ont suggéré bien des auteurs comme Gustave le Bon ou encore le comte de Gobineau, conduit à une impasse au plan de la science et induit des dangers bien plus grands. Un certain Adolf Hitler qui avait mis sur pied une armée sous totale anesthésie morale et prête à la guerre raciale (Rassenkampf), en fut l’un des plus effrayants metteurs en scène comme on sait. En fait, il n’existe aucune base véritablement biologique sur laquelle établir une classification générale des «races», sinon des signes particuliers, qui ne sont que des agrégats héréditaires des peuples habitant un lieu géographique donné, que les conditions de milieu ont façonné et qui leur sont propres. Précisons pour terminer qu’avec l’apparition d’une nouvelle discipline scientifique, née à partir des travaux du moine Mendel, la Génétique, les choses ont eu le temps de se déliter. Ainsi, dès 1931, Julian Huxley, zoologue de l’Université de Londres, se rend sur place en Afrique. Au terme de ses contacts avec les peuples du continent noir, il décida de rejeter au nom de la Génétique la notion de race. Ce terme étant de pure convenance et qui permet seulement d’appréhender la diversité humaine. Et Julian de suggérer le remplacement du concept de « race » par celui de « groupe ethnique », plus approprié. Ce concept définit une identité commune à partir de critères culturels, linguistiques, historiques, géographiques et participant d’une même civilisation. Tous les groupes ethniques connus appartiennent à la seule race d’Homo sapiens que nous sommes. Et du fait du peuplement de la planète à partir de l’Afrique, les continents européen et asiatique ont été habités pendant longtemps par des hommes de type négroïde. Ce premier migrateur habitant de l’Europe, était l’Homme de Grimaldi. La différenciation ethnique et non « raciale », s’est effectuée en Europe, probablement en France méridionale et en Espagne, à la fin de la dernière glaciation würmienne entre – 40 000 ans et – 20 000 ans. Les négroïdes de Grimaldi ont laissé d’innombrables traces sur toute l’étendue de l’Europe et de l’Asie, depuis la presqu’île Ibérique jusqu’au lac Baïkal en Sibérie, en passant par la France, l’Autriche, la Crimée, le bassin du Don.
Dans ces deux dernières régions, le professeur Guerassimov, un chercheur d’une rare objectivité, a identifié et confirmé le type négroïde des crânes trouvés dans le Moustérien moyen. Pour boucler la boucle quant au chapitre de la diversité ethnique, si des expériences ont permis de distinguer la race chevaline de la race canine, elles n’ont jamais permis d’établir une différence identique pour ce qui concerne les hommes, quels que soient leurs groupes ethniques ou leurs couleurs. Une équipe dirigée par le professeur Wilson a étudié à l’A.D.N, les Mitochondries chez plus d’une centaine de femmes d’ethnies différentes (Asiatiques, Européennes, Aborigènes, Africaines et Métisses issues de tous croisements.) Le résultat de ces travaux révèle la présence de plusieurs gènes que l’on ne retrouve en totalité que chez une femelle africaine, simple point de départ de la lignée commune. La Génétique a ainsi déraciné les préjugés raciaux de leur base biologique, pour rejoindre la paléontologie et constater scientifiquement, que la notion de race au pluriel est sans fondement chez les humains. Aussi, dans Histoire générale de l’Afrique, Tome 2, une étude réalisée par l’UNESCO et faisant désormais autorité sur la question se conclut ainsi : Les premiers hommes, étaient ethniquement homogènes et forcément négroïdes. La Loi du savant Gloger, qui s’applique aussi à l’espèce humaine, veut que les organismes des animaux à sang chaud qui se développent sous un climat chaud et humide aient systématiquement une pigmentation noire (eumélanine.) Si donc l’humanité a pris naissance en Afrique, sous la latitude des Grands Lacs dans la vallée du Kenya, elle avait nécessairement une pigmentation noire dès l’origine. Ainsi, du point de vue strictement temporel, l’on peut affirmer sans risque de se tromper qu’au commencement était l’homme noir.
Extraits de l’ouvrage de Tidiane N’DIAYE «L’Eclipse des Dieux » Editions Le Serpent à Plumes Paris Pour vous le procurer, rendez-vous sur les ouvrages de Tidiane N’Diaye.
UN AUTRE ARTICLE CAPTIVANT!
La dérive des continents.
A l’origine seul un continent existait, puis il se divisa en deux parties. Au sud, le Gondwana « explose » vers -200 millions d’années. Observez la position de l’Afrique du nord à cette époque. Très au sud elle est en zone équatoriale. Le Sahara est donc le siège de pluies quotidiennes, il est couvert d’une épaisse forêt vierge. Le pétrole n’a pas d’autres origines.

Il y a 65 millions d’années, l’Afrique continue sa migration vers le septentrion. Le nord du continent est maintenant en zone tropicale d’abord humide, grandes savanes, crocodiles, puis de plus en plus sèche au cours du temps.

Pour en arriver à la situation actuelle. Les premiers hommes (- 20 millions d’années) l’ont donc connu avec un climat comparable à celui d’aujourd’hui.

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Bouleversements climatiques
Et pourtant les gravures rupestres ne laissent aucun doute, non seulement les hommes ont vécu là, mais de plus, ils ont peint des animaux, bovidés, éléphants, girafes, qui ne pouvaient vivre sans de grandes savanes et donc sans eau.

Il ne faut pas oublier que la latitude ne détermine pas complètement le climat et que la présence importante ou pas de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre, fait alterner glaciations et réchauffements. Il y 750 millions d’années on affirme que la glace descendait jusqu’à l’équateur, il s’agit de la théorie « snowball Earth » ( la Terre boule de neige) avant, heureusement, que la terre ne réchauffe à nouveau.
Rapide et pas trop lointain retour en arrière, glaciations lors de l’ère quaternaire :
| Période glaciaire |
Âge
(années) |
Période interglaciaire |
| 4e période glaciaire, de Würm |
120 000 |
Il y a 27 000 ou 19 000 ans près de Marseille les hommes peignaient la grotte Cosquer dont l’entrée est aujourd’hui à 37 mètres sous les eaux. Pingouins et phoques y sont représentés. Le climat de la France était selon toute vraisemblance celui de la Norvège aujourd’hui, la calotte glacière descendait, alors, jusqu’aux Alpes-Maritimes. Au plus fort de la glaciation de Würm, le niveau des océans se situait 100 à 150 mètres au-dessous du niveau actuel.
Avant 9 000 Av. J.-C. le climat du Sahara, plus au Sud, devait donc être tempéré. Terre traversée par de grandes rivières poissonneuses au collines verdoyantes foisonnantes de gibier.

On distingue cinq époques successives dans l’art pariétal saharien qui traduisent le réchauffement progressif des lieux.
| Période |
Âge |
Caractéristiques |
Cette fresque découverte lors de l’expédition en 1956 de Henri Lhote surprend par la finesse du trait et la « modernité » des coiffures.
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Le Paléolithique
Âge de la pierre ancienne
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Le paléolithique inférieur
De -600 000 à -100 000 ans.
Largement représenté. On note en particulier la découverte de l’Atlanthrope (- 400 000 ans) dans les sédiments de l’ancien lac de Ternifine (Oranie). Homo erectus, cousin du Sinanthrope et du Pithécanthrope, il connaissait le feu.
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Le paléolithique moyen
De -100 000 à -50 000 ans.
L’homme de Djebel Irhoud (entre les villes de Safi et Marrakech au Maroc) âgé de – 90 000 ans était, jusqu’à un passé récent rattaché aux néandertaliens. Depuis peu on s’accorde à voir là un des plus anciens représentants des homo sapiens sapiens archaïques.
Les gisements moustériens existent surtout en Tunisie (6), un seul en Algérie et trois au Maroc.
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Le paléolithique supérieur
de -50 000 à -10 000 ans
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La civilisation Ibéromaurusienne
L’homme de Mechta el-Arbi (environs de la ville de Cheghoum-Laid Wilaya de Mila ex Chateaudun du Rhumel) occupait toutes les régions littorales et telliennes. Il fabriquait des objets, éléments d’outils, des sortes de pièces détachées dont l’agencement dans des manches en bois ou en os procurait des instruments ou des armes efficaces.
Les anthropologues spécialistes de l’Afrique du Nord admettent aujourd’hui une filiation directe, continue, depuis les Hommes du Djebel Irhoud jusqu’aux Cromagnoïdes (hommes de Cro Magnon) que sont les Hommes de Mechta el-Arbi en passant par un intermédiaire, L’Homme atérien de Dar es Soltane.
Les Hommes de Mechta ont une stature élevée (1,74 m), un squelette robuste, des orbites rectangulaires et des arcades sourcilières fortes. Ils se maintiendront jusqu’au néolithique. Ils seront peu à peu repoussés par une nouvelle civilisation préhistorique connue sous le nom de capsienne
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La civilisation Capsienne
L’Homme d’Ain Dokkara (Tebessa) est aussi de taille élevée (1,75 m pour les hommes). Il se caractérise par une moindre robustesse, une atténuation des reliefs osseux, des orbites plus carrées, un nez plus étroit, et un rapport crâne / face plus harmonieux.
Il va, progressivement occuper le Maghreb à l’exception du Maroc et de l’Algérie occidentale.
Essaimant à partir des chotts sa civilisation prend le nom de la principale ville de cette région Gafsa (Tunisie) Capsa en latin.
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Vers le Berbère
Les colonisations successives :

Le capsien qualifié de protoméditerranéen constitue la principale civilisation implantée en Afrique du nord.
Des marins cardiaux venus d’Europe s’installent sur les cotes du Maghreb et introduisent la poterie conique, un peu l’agriculture et surtout l’élevage des moutons et des chèvres entre -6000 et -5500.
Les invasions ont également lieu à partir du Sud (Sahara).
De la synthèse de ces civilisations naît une nouvelle ethnie, le “Protolybien”, ancètre du Berbère.
D’autres marins, phéniciens (Liban) cette fois, généraliseront l’écriture : l’Histoire est née. Carthage fondée en -814 prospérera jusqu’en -146 date à laquelle elle sera détruite par sa rivale méditerranéenne Rome.
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