ENIGME 192: Giuseppe ARCIMBOLDO, un peintre bien curieux!
Giuseppe Arcimboldo
EN VOICI QUELQUES EXEMPLES SURPRENANTS?


Vertumne (Rodolphe II) (~ 1590) Skoklosters Slott Suède

Expo Arcimboldo – Musée du Luxembourg – Paris
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Du 15 Septembre 2007 au 13 Janvier 2008 Célèbre pour ses têtes anamorphiques composées à partir de plantes, de fruits, d’animaux et autres éléments, Giuseppe Arcimboldo (1527-1583) reste, paradoxalement, un peintre encore mystérieux. Né en 1527 dans la noblesse milanaise, Arcimboldo est répertorié pour la première fois en tant que peintre en 1549, à l’occasion de la réalisation de cartons de vitraux pour la cathédrale de Milan. Peu de temps après, il reçoit de Ferdinand de Bohème, futur empereur Ferdinand Ier, une commande pour la réalisation de blasons. Satisfait, il l’appelle à Prague comme portraitiste de cour. Le peintre jouit déjà d’une grande renommée lorsqu’il arrive en 1562.Au service de la cour impériale des Habsbourg pendant plus de 25 ans, Arcimboldo reçoit tous les honneurs. Ferdinand Ier, Maximilien II pui Rodolphe II qui tous admirent son esprit inventif et sa sensibilité lui confient de nombreuses charges. En marge de son activité de portraitiste de la famille impériale (aujourd’hui ignorée en raison des difficultés d’identification et d’attribution de ces tableaux de facture classique), il réalise les séries des quatre Saisons, des quatre Eléments et des métiers qui suscitent l’engouement et le respect de ses contemporains. Doué de multiples talents, il est également dessinateur de costumes et décors pour les innombrables manifestations et cérémonies qui ponctuant la vie à la cour, à Vienne comme à Prague ; inventeur de jeux d’eau ; conseiller artistique ; illustrateur de la faune et de la flore pour le compte de grands scientifiques.Adulé de son vivant, Arcimboldo tombe dans l’oubli après sa mort en 1593. Sans doute, ses œuvres étranges et extravagantes dont peu d’originaux subsistent sont-elles mal comprises. Redécouvertes au début du XXe siècle par les artistes et les surréalistes qui considérèrent alors le peintre comme un des précurseurs de l’art moderne, elles jouissent d’un regain d’intérêt depuis une vingtaine d’années.Première exposition monographique au monde, ARCIMBOLDO s’attachera à révéler, à l’aune du contexte culturel dans lequel il a œuvré, les multiples facettes d’un des esprits les plus fertiles et talentueux de l’époque maniériste. Outre la présentation de ses célèbres créations anamorphiques en provenance de collections privées et muséales du monde entier, une importante sélection d’environ 40 huiles sur toile, dessins, ouvrages illustrés et tapisseries, réalisés depuis ses années de formation en Lombardie à celles au service des Habsbourg, permettra de découvrir et d’apprécier l’étendue de son extraordinaire univers pictural, d’une richesse allégorique et formelle inégalée. |
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| Exposition Arcimboldo – Musée du Luxembourg – Paris |
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Biographie
Il est né à Milan en l’an 1527 et serait issu d’une famille de peintres.
C’est à 22 ans qu’il commence à se faire connaître, en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan. Il réalise alors des cartons de vitraux. Rapidement, il se fait remarquer par Ferdinand de Bohème qui lui commande cinq blasons pour la cathédrale. Sa renommée commence à s’étendre. Il est appelé à Prague en 1562 au service de Ferdinand Ier du Saint-Empire pour être le portraitiste de la famille impériale. Il existe ainsi plusieurs tableaux classiques attribués au peintre, sans aucune certitude, le plus connu étant son Portrait de Maximilien II de Habsbourg et de sa famille qui aurait été peint vers 1563.
C’est peu après son arrivée au service de Ferdinand Ier que Giuseppe Arcimboldo commence la première série des quatre saisons, et laisse éclater un style pictural surprenant : les « têtes composées » portraits caricaturaux (ghiribizzi) ou allégoriques formés d’une juxtaposition de fruits, légumes, végétaux, symbolisant les saisons ou les métiers. Cette œuvre suscite un engouement considérable à la cour. Il peindra d’autres séries des quatre saisons en 1572 et 1573 (une série des quatre saisons se trouve au Louvre, dont l’Automne daté de 1573, commandés par l’empereur Maximilien II de Habsbourg pour être offert à l’électeur Auguste de Saxe).




D’autres portraits mêlent animaux ou objets : les quatre éléments (le Feu et l’Eau de 1566, se trouvent au Kunsthistorisches Museum de Vienne) ou les personnifications de métiers (le Bibliothécaire, le Jardinier).

L’AIR

LE FEU

LA TERRE
En dehors de quelques portraits, il a alors pour tâche principale d’enrichir les fameux Wunderkamern, cabinets d’art et de curiosités des empereurs Maximilien II et Rodolphe II. Doué d’un esprit inventif et ingénieux, il se voit confier l’organisation des fêtes princières (il subsiste de nombreux dessins de costumes ou de chars) et il est nommé conseiller artistique pour la formation des collections impériales. À partir de 1565, son nom apparaît dans la comptabilité impériale. Il se distingue notamment par l’invention d’une méthode colorimétrique de transcription musicale.
En 1587, il obtient de Rodolphe II la faveur de retourner en Italie pour y finir ses jours, promettant de continuer à peindre. Flora sera l’un de ses derniers tableaux.
Retiré à Milan, il est promu au rang de comte palatin en 1591 et y meurt en 1593.
Le style de ses compositions
Si l’on considère Arcimboldo comme un novateur dans la systématisation de ses portraits, il faut se rappeler qu’à son époque il existe déjà une tradition, depuis l’antique, de masques bachiques ou hellénistiques, formés d’éléments pris dans la Nature.
Plusieurs des artistes de la Renaissance, dont Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient déjà intéressés aux faciès monstrueux, aux portraits déformés par des jeux de glace, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés. Les peintures d’Arcimboldo sont donc conformes aux penchants maniéristes.
Son chef-d’œuvre est manifestement son portrait de Rodolphe II en Vertumne (dieu grec des récoltes et de l’abondance) daté de 1591.
Si Arcimboldo n’a pas eu d’élève, il a inspiré de nombreux copistes en son temps et le genre des têtes composées se perpétue aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il est repris au XIXe siècle par les caricaturistes, notamment pour les figures de Napoléon Ier, de Napoléon III et des souverains belges, Léopold Ier et Léopold II.
Il est redécouvert au XXe siècle par les surréalistes adeptes du jeu de mots visuel.
En revanche, c’est à tort que l’on attribue à Arcimboldo des paysages anthropomorphes dont l’origine semble flamande.
Les Saisons
Il s’agit d’une série de quatre tableaux peints par Arcimboldo en 1563 et offert à Maximilien II en 1569, accompagné des quatre élémentsGiovanni Battista Fonteo (1546-1580) qui en explicite le sens allégorique. (peints en 1566). Y est joint un poème de
Chaque tableau est constitué d’un portrait de profil, composé d’éléments rappelant la saison. L’Hiver regarde ainsi le Printemps et l’Été, l’Automne.
De la version originale, ne subsiste que l’Hiver et l’Été, exposés à Vienne. L’une des versions les plus connues sont celles du musée du Louvre, copies faite par le peintre à la demande de Maximilien II pour en faire cadeau à Auguste de Saxe. Les tableaux se caractérisent par un encadré floral qui n’existait pas sur la version première.
Quelques œuvres
- Primavera, Estate, Autunno et Inverno, (1573), huile sur toile, musée du Louvre, Paris
- Primavera, (1563), Estate (1563), Inverno (1563), Il Fuoco, (1566), L’Acqua (1563-1564), huile sur bois, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- Primavera, huile sur toile, Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, Madrid
- Il Bibliotecario, (1566), huile sur toile, L’Avvocato, (1566), huile sur toile, Ritratto di Rodolfo II in veste di Vertunno (1591), huile sur toile, Skoklosters Slott, Stockholm
- Ortaggi in una ciotola o l’Ortolano, huile sur toile, Museo Civico Ala Ponzone, Crémone
- Autoritratto (~1575), dessin, Narodni Gallery, Prague
- Carnet di Rodolfo II, 148 dessins, Cabinet des estampes et dessins des Uffizi, Florence
- Autoritratto cartaceo (L’uomo di lettere), (1587), dessin, Cabinet des estampes et dessins du Palazzo Rosso, Gênes

Notes et références
Bibliographie
- André Pieyre de Mandiargues et Yasha David, Arcimboldo le Merveilleux, Robert Laffont, Paris (1988)
- (it)Simonetta Venturi, Arcimboldo traduction Florence Cadouot (fr), Ed. Celiv, Paris (1990) ISBN 2-86535-028-2
- (fr)Caroline Blanc, Arcimboldo, Ed. Gamma jeunesse, Tournai (1993) ISBN 2-7130-1538-3
- (fr)Claude Delafosse, J’observe les portraits d’Arcimboldo, Ed. Gallimard jeunesse, Paris (1999) ISBN 2-07-052738-7
- (de)Kriegeskorte, Werner, Giuseppe Arcimboldo : 1527-1593 Taschen (1993) ISBN 3-8228-0158-5
- (fr) Boulicaut-Duffau, Catherine, Arcimboldo et Flaubert. Lecture du portrait “La Terre” de Giuseppe Arcimboldo, Nouvelle revue pédagogique, 11/2001, 2001/02-03
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- Published:
- janvier 29, 2008 / 10:21
- Category:
- HISTOIRE DES ARTS, HISTOIRE DES SCIENCES ET TECHNIQUES, HISTOIRE MODERNE 1492-1789, janv 2008
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